Abécédaire du séjour de l’expatrié au pays

Ce titre est peut-être un peu pompeux car cet article est inspiré de mon escapade annuelle en Belgique.  Néanmoins, j’espère que vous vous y reconnaîtrez.  À chacun sa fréquence et sa façon de faire.  Nous avons opté pour au moins un retour par an et nous livrons à domicile.  C’est-à-dire que nous nous déplaçons de l’un à l’autre amis ou membre de la famille.

Notez que n’ai pas utilisé le terme de vacances pour caractérisé ce type de séjour… Les expatriés qui me liront, comprendront…

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Avion : Quoiqu’on en dise, c’est un passage obligé pour se rendre à l’endroit souhaité.  Vous connaissez mon aversion pour ce mode de transport.  Cette fois, au décollage, j’ai même hurlé.  Fait nouveau pour moi, afin que mon petit mari ne perde pas une de ses précieuses semaines de vacances, je prends l’avion seule avec mon gnome.  Le stress est à son comble. C’est aussi un fameux budget.

Bière : Lorsque je suis aux USA, les bières belges ne me manquent pas spécialement. Mais quand je suis en Belgique, je me jette dessus comme la misère sur le monde.  Il en va de même pour toutes sortes fromages, de préférence forts et autres spécialités que l’on me met sous le nez et que j’avale volontiers.  Une fois revenue aux USA, j’ai la chance de pouvoir les oublier.

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Conversation : Les conversations semblent prendre souvent le même tour… On s’échange les dernières nouvelles puis je réponds à quelques questions pratiques sur mon séjour, on fait un petit tour dans le passé, puis il est temps de se quitter.  On se dit au revoir et on ne sait pas encore à quand …

Dormir : C’est un souci.  Le décalage horaire, le stress, les réveils matinaux ou les couchers tardifs pour cause de journées trop courtes impliquent une bonne dose de fatigue.  Sans compter qu’en ce qui nous concerne nous avons comptabilisé 6 différents lits en moins de trois semaines… Parfois je me réveille et je ne sais plus où je suis !

Exotisme : C’est un sentiment particulier de considérer les petites choses qui faisaient mon quotidien (nourriture, paysages, culture) comme devenues spéciales et exotiques. C’est une impression étrange que d’être une sorte de touriste dans son propre pays.

Famille : Si nous revenons, c’est pour la famille.  Le partage du temps, toujours trop court, entre les différents membres des deux familles est un exercice difficile dont la résolution ne satisfait pleinement personne.  S’il n’y a pas de famille sans histoires, il y a des histoires de familles.  Les séjours au pays sont l’occasion de les résumer.

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Galettes : D’habitude, c’est moi qui fait mes gaufres.  En Belgique, c’est maman qui me les refile pour que je n’aie pas faim quand je pars donner des cours de danse ou voir des amis.  Cette spécialité symbolise pour moi toutes les petites attentions et cadeaux que nous recevons durant notre séjour.

Histoire : Le retour en Europe est pour moi l’occasion de voir ou de revoir des lieux chargés d’histoire, les vielles pierres qu’il n’y a pas aux USA.  Je conçois une vive passion pour les châteaux et leurs jardins.  J’éprouve un sincère et profond regret à l’idée que je ne serai jamais châtelaine… Alors je compense en visitant des lieux historiques. Très bientôt, un article sur ma fantastique journée à Versailles.

 

Indépendance : … Faire une croix dessus ! Point de solitude et par la force des choses un emploi du temps détaillé doit être partagé pour que chacun s’organise.

Journey : Voyage en anglais… Le terme qui caractérise, selon moi, le mieux le séjour de l’expatrié dans son pays d’origine. L’appellation « vacances » impliquant un temps de repos, de loisirs, de dépaysement et de découverte ne s’applique pas vraiment au temps que je passe en Belgique.  Comme pour la plupart d’entre nous, temps et argent étant en quantité limitée, l’on essayera tout de même d’agrémenter ce séjour de plaisirs et d’excursions qui laisseront des souvenirs particuliers.

Komplicité : C’est mon blog et je fais ce que je veux… La complicité avec moi s’écrit avec un K ! Et elle est toujours là avec mes amis les plus chers.  On se retrouve et c’est comme si on reprenait le fil d’une conversation laissée il y a six mois ou un an.  Le temps passe, enrichi ou abîme les personnes, mais ce qui nous unis est toujours là.

Langage : C’est un réel plaisir de parler sans entrave, sans réfléchir.  Le cours de la pensée s’harmonise parfaitement avec le flux de la parole qui s’écoule sans entrave.
C’est une grande liberté que je retrouve au gré de mes rencontres avec mon entourage.

Manger : Beaucoup manger… Par la force des choses…. Beaucoup de spécialités, beaucoup de restaurants… Cela ne reste pas sans conséquences.

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Normal : Lorsque je suis aux USA, je ne me sens pas « normale »… Mon statut d’expat me rends un peu à part… Quand je rentre en Belgique mon statut d’expat me rends un peu à part… Je ne suis pas, plus normale… Nulle part.

Organisation : Moi qui suis d’ordinaire si organisée, en ce qui concerne le planning de mes différentes activités et rencontres lors de mon retour, je suis victime de procrastinite aiguë.  Il est vrai que, en tout, j’ai revu, en plus de ma famille, près de quarante personnes réparties sur 12 stations en 17 jours.  Si certains rendez-vous étaient planifiés, pour d’autres, un petit message de dernière minute… Est-ce que je peux venir chez toi ce soir ?

Pédales : Je m’emmêle les pédales… de la voiture de location qui n’est pas une automatique et à mon retour aux USA, j’ai de nouveau des envies de changement de vitesse… Les réflexes chamboulés, je ne sais plus sur quel pied danser !

Quitter : Revenir c’est aussi encore repartir, encore dire au revoir.  On ne sait pas à quand, on ne sait pas comment, ni même si on se reverra.  Il ne faut donc pas y penser et vivre un jour à la fois.

Robinet : Le saviez vous: ces petites choses fonctionnent de façon unique et non standardisée.  Elles semblent posséder leur propre volonté ! Sans doute leurs propriétaires habitués à leurs caprices savent en tirer le meilleur parti : une eau tempérée et un débit suffisant pour procéder à de confortables ablutions.  Les aléas de nos errances ne me laisse pas le temps de procéder à cette habitude mutuelle.  Pour moi se sera donc : douche glacée, ébouillantage, rinçage de mon abondante chevelure sous un pipi de chat.

Shopping : Le contenu de la valise de l’expatrié, en particulier à son retour au pays d’adoption, fait l’objet de nombreux articles souvent fort prisés.  Je ne vais donc pas m’étendre sur sujet.  Néanmoins, je peux vous dire que pour moi, la tentation du shopping est partout.  Tout me tente et m’apparaît comme nouveau et indispensable.  Raf chantera comme à chaque fois le thème de « Mission impossible » au moment de boucler mes valises pour le retour.

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Télévision : J’aime beaucoup regarder la télévision, mais je préfère encore ne rien regarder plutôt que la télévision américaine. C’est pourquoi nous sommes abonnés à une société qui nous donne accès à différentes chaînes françaises (mais pas belges) sur la TV et sans trop chipoter.  Il est clair que quand je rentre en Belgique je n’ai pas trop de temps à passer devant le petit écran. Néanmoins, j’apprécie beaucoup de regarder la RTBF, tellement belge aussi bien dans son ton que par son contenu.

Utain de bordel de merde… Vulgaire moi ? Un petit peu oui.  Dans les allées du Walmart de mon bled, les « fait chier », « connerie de merde » ou autres « chierie de con » sont un exutoire discret de mon insatisfaction dont l’irrévérence est connue de moi seule. Seulement voilà, jurer comme un charretier en public est vite devenu une habitude.  Je vous laisse imaginer ce que cela fait comme effet en francophonie.  Du supermarché à la boutique chic en passant par le zoo rempli d’enfants, me voilà démasquée !

Valise : A l’aller, comme je sais pertinemment que je vais « vivre dans mes valises », il est donc question de bien les organiser.  En ce qui concerne le retour, on prendra soin de choisir un mari qui ne remplit jamais sa valise complètement et qui a encore de la place pour y glisser un sac de sport que l’on déploiera le moment venu pour le remplir de denrées exotiques, cadeaux, produits de beauté, autres accessoires de mode afin de reconstituer ses stocks.

Where are you from : Au moins, de retour au pays on ne me pose plus cette question à laquelle je me dois de répondre au moins deux fois par jour aux USA… Par contre il n’en va pas de même pour… Quand es-tu arrivée, tu repars quand, combien d’heures de vol et le décalage horaire… ?

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X,Y, Z : Les variables d’une équation que je ne peux résoudre.

Il y a sur le net de chouettes articles qui vous expliquent comment réussir votre séjour au pays en tant qu’expatrié.  La formule magique c’est de partir pour au moins trois semaines, de louer un lieu où amis et famille viendront vous rendre visite, de partir en vacances ensemble ou d’agrémenter le retour par une semaine ou deux de vraies vacances.  Cette formule semble être appliquée par de nombreux expatriés en toute harmonie.

Mais que fait-on quand on a une (des) famille(s) éparpillée(s) aux quatre coins du pays, des parents âgés ou ne pouvant pas se déplacer, des personnes que l’on ne peut pas mettre ensemble ? Et bien, on fait ce qu’on peut, tout en sachant que personne ne sera pleinement satisfait.

Au lieu d’une formule magique je vous propose, l’équation suivante, dont les variables X, Y et Z sont directement relatives à votre situation et soumise à la loi universelle « On fait ce qu’on peut ».  Afin de réduire au maximum le facteur C (culpabilité) et F (frustration), on prendra soin de prendre conscience que la résultante SG (satisfaction générale), inversement proportionnelle au nombre de protagonistes, ne peut atteindre le rapport de 100 % .

X (durée du séjour) * Somme [Y_i (fraction du temps passé avec la personne i) * Z_i (qualité de ce temps)] /[ (C, fréquence de retours) + (F, exigences de chacun) + (N, nombre de protagonistes)] = SG

Cela vous paraît compliqué ? Juste un tout, tout, petit peu !

 

 

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17 commentaires

  1. Génial ton article ! 🙂 c’est exactement ce qu’on ressent à chaque retour en Belgique ! On rentre d’ailleurs en Belgique au mois d’août et on sait déjà qu’on va passer 3 semaines dans nos valises et sans domicile fixe, comme à chaque fois !
    J’adore ta façon d’écrire, je ris à chaque article !

    Aimé par 1 personne

  2. Bonjour,
    J’ai aimé votre article, lol. Je suis bien d’accord avec certaines choses que vous avez écrit comme sur le shopping, le côté normal ou encore manger. L’assiette que vous présentez en photo semble délicieuse, lol.

    Aimé par 1 personne

  3. Coucou Katrien,

    J’ai bien ri en lisant ton article ( très bien écrit et original). Quelle expérience, ce retour en Belgique ! Avec les années, il faudra peut-être envisager quelque chose de plus confortable mais en attendant tu accumules un tas de souvenirs et l’esprit trie et ne finit que par retenir les meilleurs…
    Gros bisous à tous les 3 et bonne rentrée scolaire!

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