Vieille ballerine VS pompom girls ou quand Maman reprend la danse

Je rectifie d’emblée… La ballerine n’a pas encore passé la date de péremption.  J’ai juste 28 ans depuis un certain temps.  Je sais, on ne dit pas « pompom Girls » mais cheerleader… De toute façon, un simple titre ne peut résumer l’embarras dans lequel je me suis trouvée à l’occasion de ma rentrée dans une nouvelle école de danse.

Grosse fatigue, frustration et ras-le-bol de danser sur le paillasson m’avaient éloigné des studios de danse.  Mais, on ne se refait pas.  J’ai cherché et Traci a trouvé, non loin de chez moi une académie dispensant des cours hebdomadaire intitulés « Adult Ballet ».  Cela ne court pas les rues.  Si on croise beaucoup de « dance mom » dévouées à leur dansante progéniture, les « dancer mom » sont plus rares.  J’ai souvent essuyé refus et regards moqueurs alors que j’étais en quête de cours afin de réaliser mon rêve d’enfant : devenir danseuse classique.  Mais je suis du genre tenace.

Cette fois c’est du sérieux.  Il y a un uniforme et il bien noté dans le règlement qu’il n’y a pas d’exception au port de celui-ci… L’âge, le gros cul, la boudine, la cellulite, je suppose que ce ne sont pas des excuses valables.  C’est donc motivée mais de mauvaise grâce que je fais l’achat de bas blancs spécialement conçus pour le ballet.  La jeune demoiselle du magasin qui me sert ne me demande pas ma taille.  Ce sera de l’extra large.  A cette occasion, mon fils qui a librement, je le jure, manifesté le désir à suivre mes traces, essaie une paire de chaussons noirs.  Ses petits pieds sont adorables ! Les cuisses de maman un peu moins ! Ajouter à cela le short réglementaire pour couvrir le « derrière », en français dans le texte, et la brassière moulante… Rien de bien flatteur ! Je vous laisse imaginer le tableau.

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L’environnement lui aussi peu surprendre les petites ballerines qui, comme moi, ont eu l’habitude d’évoluer dans de petites structures.  Trois salles de danse sont occupées à plein régime pendant que les parents s’entassent dans une salle d’attente.  Pour prendre leur mal en patience, trois téléviseurs diffusent en direct les cours qui se donnent simultanément.  Un autre retransmet la chaîne HGTV dédiée à l’immobilier : achat, vente et rénovation.  Ainsi lorsque, comme moi, la vue du fruit de vos entrailles en train de faire les quatre cent coups, suspendu à la barre ou se roulant par terre vous rempli d’un sentiment complexe et violant de honte et de colère, vous avez matière à détourner votre attention.

Lors de la rentrée de Nounou, j’ai observé en ces lieux une grande concentration de jeunes filles, très sportives et motivées, déambulant d’une salle à l’autre.  Elles sont vives et confiantes, affairées à donner le maximum d’elles-mêmes.  L’école dispense de nombreux cours et participe à de nombreuses compétitions dans ce que je qualifierais les danses sportives.  Il s’agit de participer à des démonstrations avant les compétions, à des conventions, à des concours. Ça ne rigole pas !

J’éprouve un étrange sentiment vis-à-vis de jeunes danseuses.  J’envie leur jeunesse, leur corps musclé, le fait qu’elles aient un avenir dansant devant elles et des possibilités que je n’ai jamais eues.  Je me rends compte que je redoute leur jugement et par dessus tout, la comparaison.  Je redeviens la petite fille, sujette de toutes les moqueries au cours de gym, celle qu’on ne choisissait pas pour faire partie de l’équipe.  J’entends les rires forcés, sarcastiques et moqueurs des petites filles modèles lorsqu’un jour je leur ai dit que je désirais prendre les cours de danse classique tout comme elles. Cela ne se produira jamais.

Mais ne soyez pas triste pour moi. Pour ceux et celles qui ne me connaissent pas, je ne serais en effet jamais danseuse classique. C’est trop tard. Néanmoins à la fin de mes études universitaires, j’ai découvert les danses orientales auxquelles je me suis consacrées avec passion. J’ai ainsi pu atteindre un niveau professionnel, enseigner et me produire sur de nombreuses scène en Europe et maintenant aux États-Unis. Aux dernières nouvelles, les petites filles modèles ne dansent plus, sauf dans un coin de ma tête où leurs rires déclenchent encore un étrange malaise.

Elles me soufflent: et si l’intitulé du cours était trompeur ? « Adult Ballet » Ces créatures vives, puissantes et en grand nombre que j’imagine prêtes à me ratatiner sont théoriquement adultes.  Et si demain au cours, ce sont elles que je vais devoir côtoyer, sachant que je ne suis ni techniquement, ni physiquement au niveau ? Oh monde cruel ! Que restera t-il de mon ego après une telle séance torture?

Vous le saurez au prochain épisode

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3 commentaires

    • Merci Chère Patricia! Il y a un petit quelque chose que je voudrais te montré à ce sujet… J’y ai beaucoup repenser. J’ai beaucoup de souvenir de danse avec toi… Te souviens tu de ce petit bijoux que tu m’as fait pour un de mes premier solo? Je le remets ce samedi pour un autre solo sur belle scène de Knoxville. Je t’envoie le photo! Gros bisous!

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